La confiance sous-jacente est en jeux ? Illustration semaine du 26 décembre 2022.

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Mis-sur-site : 26/12/2022 / Mis-à-jour : 26/12/2022

Résumé

Je me demandais depuis août dernier (cf article à propos du 1er août 2021) ce qui me dérangeait dans cette fin d'année, telle qu'elle s'annonçait.
Je sentais comme quelque chose de pourri, comme un putréfaction, une décomposition de quelque chose, en fin d'année.

En septembre, avec les histoires d'augmentation des salariés, les manières de parler de l'inflation, etc... je sentais que ... vraiment, c'était pas net, tout ça.
Avec cette toute fin d'année, et semaine du 26 décembre en ligne de mire.

Bon, ben là, le 26 décembre, le constat est flagrant.
Maintenant, je sais, ce qui ne sentait pas bon, et me dérangeait.

Il y a un problème de confiance sous-jacente qui s'effrite.
Partout, dans la société, dans le monde, dans les entreprises, etc.
Ce n'est pour l'instant qu'un effritement, qu'un début de perte de confiance sous-jacente.

Un problème de confiance sous-jacente qui s'effrite ? qui se désagrège ?
Les gens constatent qu'on ne peut plus vraiment faire confiance aux organisations, aux entreprises, aux gouvernements, ... sur des choses pour lesquels, jusqu'à présent, ça tenait encore.
Dans les populations, au niveau collectif, un sentiment d'un délitement. De désagrégation de la confiance. Ou plus simple une prise de conscience d'un délitement qui s'est fait depuis quelques années, mais qu'on ne voyait pas (ou ne voulait pas voir).

Avec la revolution-des-references-et-des-reperes, ce n'est pas vraiment étonnant.
J'avais déjà posé le constat d'une nouvelle nature de la confiance. en octobre 2021.

Là, en décembre 2022, on y est.
Et il va falloir s'occuper de ce sujet, dans les CRIs.

Il va falloir aussi prêter attention à la notion de confiance, dans le monde. Dans les décennies qui viennent.

Le modèle distribué de structure, d'organisation, et de fonctionnement des société et du monde sera sûrement de la partie.
La manière de bâtir, d'établir, et de maintenir la confiance, via ce modèle, sera importante pour les décennies à venir.

Le rapport de force installé dans années 1981 à 2022

D'un coté, les patrons, les directeurs. Le premier groupe.
De l'autre, le deuxième groupe, les salariés, les petits fournisseurs, les prestataires individuels (800 millions d'indépendants, freelances, consultants à leur compte, ... et moi et moi et moi ....)

Tout allait bien depuis les années 1980, le rapport de force était en faveur des dirigeants des entreprises. Au profit de la rente et des rentiers.
On payait ce groupe (les dirigeants) à des rémunérations élevées pour qu'ils appliquent la pression sur le deuxième groupe.
Ça marchait bien tout ça.

Si vous voulez des détails sur le démarrage de cette période :
Pas de direction claire et ferme : en mars 1983-septembre 1984
En mars 1983, c'est le "Tournant de la rigueur" (https://fr.wikipedia.org/wiki/Tournant_de_la_rigueur).

Petit a-parte : en 1983, après un état de grâce, c'est la rigueur.
Là, en 2020, on a aussi une période similaire de "pas de direction claire" : période mai 2020 - janvier 2022.
Cf : L'année 2020, déroulé de mai à décembre - chapitre "Une difficulté à donner ou à prendre une direction claire - période mai 2020 - janvier 2022"
Et ensuite en 2022 : pénurie, manque de gaz, d'elec, de produits dans les supermarchés, de personnel pour faire tourner les restaurants... une forme de rigueur.
Similarité intéressante des évolutions.
Fin de l'a-parte.

Autre point pour brosser complètement le tableau.
L'épisode des contrôleurs aériens aux États-Unis est éloquente des rapport de force à l'époque.

Voir par exemple cet article :
Les Échos : "1981 - Quand Reagan licenciait 11.000 contrôleurs aériens"

Extrait : "le 3 août, le syndicat des contrôleurs aériens (Patco) qui compte 15.000 adhérents déclenche une grève, réclamant de meilleurs salaires, une durée du travail de 32 heures par semaine sur quatre jours, et un matériel plus moderne. "
La réponse de Reagan ne s'est pas faite attendre : "« Je dois dire à ceux qui ne se sont pas présentés au travail ce matin qu'ils violent la loi et s'ils ne se présentent pas au travail dans les 48 heures, ils auront perdu leur emploi et leurs contrats seront résiliés. » "
"Misant sur un bluff de la Maison-Blanche, l'immense majorité des grévistes refuse de remonter dans les tours de contrôle.
Le 5 août, la sanction tombe : Il les remplace sur-le-champ par des superviseurs, des non-grévistes et des contrôleurs militaires, employés le temps de former des remplaçants, soit trois ans à l'époque."

À cet époque s'est mis en place le rapport de force, groupe des dirigeant qui met la pression sur le deuxième groupe de ceux qui produisent, qui corrélative acceptent et triment pour le plus grand profit du rentier (de tout type, capitalistique, répartition, rentes sociales,...).
Ce rapport de force a duré jusqu'à l'année 2022.

Le nouveau rapport de force à partir de 2022

Depuis début 2022 environ, les mêmes groupes, mais un renversement de la charge et des pouvoirs.
Et un rapport de force qui s'inverse aussi. De Fait.

Le groupe des dirigeants se trouve sous la pression du groupe de ceux qui produisent (salariés, petites entreprises, artisans, indépendants, freelances,...)

Pourquoi 2022 ?
Je ne sais pas.
Je constate. Vous vous souvenez de la transformation d'une puissance inouie, le 28 février, 1er, 2 et 3 mars 2022 ?
Non ???
Cf : 2 mars 2022 : Les CRIs : Au fil du temps : 28 février, 1er, 2 et 3 mars 2022 : ça pousse très fort et naissance ... hé bé !... (Categorie-Les-cris-ca-sert-a-ca).

Et puis, l'explications globale du déroulement et de la mécanique d'évolution, que vous trouverez là :
Chapitre : Mais d'où cela vient, tout-ça ?

Pour cet article, et ce point clé, ce qui compte, c'est le renversement du rapport de force.

La confiance est fragilisée entre les dirigeants d'entreprises et les salariés/petits fournisseurs

Il y a une chose qui me chagrine depuis le début de l'année.
Certes, les augmentations obtenue sont importantes, et c'est très bien. C'est évident.

Mais concernant la manière dont elles ont été obtenues, le constat est simple : c'est pas terrible.
Certes, il y a la tendance général au méticuleux, besogneux, pas de vague,.. au c-est-la-crise pour justifier toute motivation ou évolution.
Certes le renversement de la charge et des pouvoir s'est fait sans renverser la table.
Certes...

Il n'empêche que le rapport de force a été d'autant plus puissant, qu'il a été mené de manière sournoise, sans vague, bien planqué derrière des paravents de blabla et de bouc-emissaire-institutionnel : stakose de la guerre, du rattrapage après 2020, stakose de c'est pas ma'faute, etc...

Il y a eu rapport de force, et en quelque sorte des chantages.
Quand on voit comment visiblement les patrons de restaurants se sont vus expliqué que s'il voulaient ouvrir le lendemain, avec du personnel pour servir, il allait falloir qu'ils rémunèrent mieux le dit personnel, ... et aménagent les horaires pour que ce soit plus adapté, pour le personnel...
Quand on voit comment les salariés et syndicats de Peugeot ont obtenus leur primes à l'été 2022.

On aime ou on aime pas, mais un patron, un directeur, qui se voit dans une sorte de chantage fait par son personnel,... ça fait quoi ?
Reagan, il a fait quoi ?

Visiblement, ce coup-ci, justement, le rapport de force est tel, la transformation a été d'un puissance inouïe.
Et les patrons, les directeurs n'ont pas viré à tour de bras des salariés qui s'était mis en tête de jouer le rapport de force avec eux.
Soit.
Pour l'intant.

Il y a une autre stratégie usuelle, dans ce genre de situation.
Si on ne veut pas exécuter le "Vous êtes tous virés", façon Reagan.
C'est la stratégie de faire le dos rond, laisser passer la vague de pression venant de la base, lacher du lest,... puis reprendre les choses en mains, ensuite, plus tard, quand on a eu le temps d'organiser les choses.

Si cette deuxième stratégie se met en route, c'est à ce moment là que la main-de-fer-se-referme.
Ben oui,... vous le savez maintenant, vous l'avez constaté, ... elle n'est jamais très loin.

Surtout quand il s'agit de gérer des fortes tensions, dans les populations, ou entre les nations, et que l'on ne veut pas de vague, pas de chocs, pas d'usage de la force physique.

De l'autre coté : du coté du groupe des salariés, des indépendants, des PME,... il est facile de constater que les gains ont été obtenus.
Certes. Cependant, ce qui a été perdu, c'est le confort d'une relation stable et qui ronronne.
La lutte via la mise en concurrence, et le fait de se débarrasser d'un élément (salarié, PME fournisseur) qui dérange, ou qui est devenu arrogant, voire trop gourmant,... est amorcée.

Méfiance d'un coté, méfiance de l'autre.
En tout cas, vu ce qu'il s'est passé, et comment cela s'est passé, on peut constater de fait qu'il y a méfiance des deux côtés.

Méfiance dans le groupe des patrons et directeurs, parce que les salariés ont clairement montré un défaut de loyauté dans la manière de négocier les choses.
Méfiance dans le groupe de ceux qui produisent, parce que certes, des hausses ont été obtenues, mais la main-de-fer-se-referme n'est probablement pas loin.

Je n'écrit pas que tout cela est bien ou mal. Je constate, et notamment j'observe et constate la mécanique générale de la situation.

Confiance fragilisée : de nombreux domaines concernés

Il y a un problème de confiance sous-jacente, qui est fragilisée, qui s'effrite.
Les gens constatent qu'on ne peut plus vraiment faire confiance aux organisations, aux entreprises, aux gouvernements, ... sur des choses pour lesquels, jusqu'à présent, ça tenait encore.
Dans les populations, au niveau collectif, un sentiment d'un délitement ou de désagrégation.
Ou plus simple une prise de conscience d'un délitement qui s'est fait depuis quelques années, mais qu'on ne voyait pas (ou ne voulait pas voir).

Et cela, dans de nombreux domaines et structures de la société.
En voici une liste, probablement pas exhaustive, de quelques domaines.

On a vu le constat pour le domaine de la fourniture, du commerce, pour les salariés, les PME, les consultants freelance etc...

On l'a vu aussi pour le domaine de la santé, avec le prix des consultations et la négociation en cours :
26 décembre 2022 : Les CRIs : Les médecins, augmentation du prix des consultations en France : Illustration pour la semaine du 26-12-2022.

Dans le domaine des relations internationales, entre les États-Unis et la Chine, c'est coton.
Le 1er août, à propos de Taïwan, les États-Unis n'ont rien fait. C'est en soit un acte révélateur : retrait, dos rond, ... et cela n'en restera pas là, pour sûr.

Bon, l'Occident avec la Russie, n'en parlons pas. Ce n'est pas la confiance qui s'est fragilisée. Elle a carrément volé en éclat.

Dans le domaine de la finance, du bancaire et de la monnaie, idem.
"L'évolutions inattendues" de la Banque Centrale du Japon est une illustration éloquente.
Cf l'article : 24 décembre 2022 : Les CRIs : L'inflation et les hausses de salaires sont des constats du renversement de la charge et du pouvoir.

Et dans le domaine des monnaies numériques, cryptos, crypto-currencies, crypto-assets, (appelez les comme vous voulez),... idem.
L'affaire de la cryptomonnaie Luna en mai 2022 (faillite), puis celle de la cryptomonnaie Celcius en juillet 2022.
Et bien entendu l'affaire encore plus médiatisée concernant FTX, en novembre 2022.
Le Bitcoin et toutes les monnaies ont suivi le mouvement : perte énormes de valorisation, perte de confiance dans les valeurs de ces cryptos... assets ?

La confiance s'est fragilisée. C'est le moins que l'on puisse dire.

Dans tous ces domaines, les renversements de la charge, et des pouvoirs, ont déclenché des rapports de forces peu reluisants, qui par voie de conséquence, ont déclenché des pertes de confiances, et des méfiances entre groupes de populations.

Pas étonnant, mais perturbant

Avec la revolution-des-references-et-des-reperes, ce n'est pas vraiment étonnant.

Les références et les repères vont valdinguer : certains(es) vont disparaitre, de manière imprévue, inattendue, surprenante.
D'autres vont apparaïtre, émerger, se consolider.

Il est normal que la confiance ne soit pas au rendez-vous, ne soit pas stable, dans une telle révolution.

J'avais déjà posé le constat d'une nouvelle nature de la confiance. en octobre 2021.
Là, il semble que démarre les choses sérieuses.

Encore une fois : je sentais quelque chose de pourri, comme une putréfaction, une décomposition des choses, pour la fin de l'année.
C'est, il me semble, ce délitement de la confiance sous-jacente de la société, dans les entreprises, partout dans le monde, ... qui est le constat que l'on peut faire, et qui est bien pourri.

Les conséquences, pour les années à venir

Il est clair que de nouveaux "relais de confiance", sont là, prêt à se développer.
Les nouveaux "relais de confiance" pour calquer l'expression habituelle de relais de croissance, des avides du toujours plus de l'ancienne tendance du monde...

Par exemple, l'article cité juste ci-dessus en présente quelques aspects.

Vous avez aussi tous les articles sur le domaine de l'argent, qui parle directement ou indirectement d'une des formes de confiance dans la société.
Voir : une présentation complète du changement de nature de ce qu'est l'argent

En ce moment, en 2022 et début 2023, les choses passent beaucoup par un besoin de trouver du sens, ou un sens nouveaux, aux activités matérielles et de prospérité.
Bref, de nouveaux modèles de prospérité, etc.
Les évolutions passent beaucoup par l'activité humaine et la prospérité. Pour cette année.

Il y a aussi les rapports de forces et les équilibres diplomatiques entre les nations.
Il y a aussi les modèles de société, de mode de vie, de santé, d'écologie, de numérique, et de souhait pour le monde.
Il y a aussi ... les institutions obsolètes qui s'estompent et d'autres qui apparaissent.

Dans tous ces domaines, la confiance sous-jacente qui s'effrite, entre les groupes de population, c'est jamais bon.

Et pour le domaine économique, et de prospérité, c'est certainement pas bon du tout.
"Finance sans confiance n'est que ruine de l'économie" - Citation de Les-CRIs.com, dans les pensée du jour des mails_de_CRIs, suite aux constats de la crise financière de 2007-2008-2009-2010."

Pour le coté positif : il semblerait que la nouvelle nature de la confiance aient beaucoup à voir avec les relations, le collectif,
et... le modèle distribué de structure, d'organisation, et de fonctionnement des société et du monde.
C'est un domaine que vous pouvez explorer ou revisiter, via ces articles :
25 décembre 2022 : Les CRIs : La tendance au modèle distribué : Panorama et parcours dans les articles de CRIs.



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